juin 23 2008
60 heures de soutien... on ne les donne pas aux dirlos? Alors, on les prend !
On les prend ? Ben oui, on prend ces 60 heures, toutes ces 60 heures, et non l’aumône vaguement insultante que le ministère nous octroie. On les prend en temps de décharge, parce que c’est juste, et parce que c’est totalement légal !
60 HEURES DE DECHARGE PARCE QUE CEST JUSTE !
Cest déjà simple justice de ne pas perdre de temps
La suppression des samedis a un effet immédiat, pour les écoles de 4 classes, à quart de décharge, celui de perdre 3 h par mois de temps pour la direction. Dans la plupart des académies, le dirlo bénéficiait en effet dun samedi sur 4 de décharge. Ces 3 heures, au long des 9 mois de lannée, représentent donc 27 heures de décharge perdues. 27 heures en moins pour 10 heures offertes. Le compte ny est pas
17 heures de perdues au bout de lan...
Pour les écoles de 5 à 9 classes, ce nest guère mieux : 20 heures allouées contre 27 perdues, cela fait 7 heures en moins, larithmétique est formelle
Cela saggrave pour les demi-décharges, qui perdront 54 heures et nen gagneraient que 30
Seule « avancée significative », les écoles de 3 classes verraient les collègues bénéficier dune manne colossale : pas moins de 10 heures de décharge !!! Mais, là aussi, la calculette est formelle : 10 heures par an, ça fait 16 minutes et 40 secondes par semaine
Notre ministère est trop bon pour les gueux que nous sommes
Cest juste de pouvoir faire le travail supplémentaire autrement que le dimanche
Les énarques du ministère ont beau jeu de jeter des idées en vrac sur le papier, la réalité se moque bien de leurs belles prévisions. 60 heures de soutien à organiser, ce nest pas rien
Rencontres avec les parents, obtention de leur accord, suivi des élèves, organisation du service, des soutiens, articulation avec le Rased, comptes-rendus et bilans, voici quelques unes des nouvelles tâches qui attendent les dirlos lan prochain. Du travail en plus ? Pas de problème, on sennuyait un peu
Mais, en bonne justice élémentaire, on prendra donc du temps supplémentaire pour faire ce travail supplémentaire
Cest juste, car le soutien ne requiert pas la présence des dirlos
On nous rabat les oreilles de ce fameux chiffrage : 15 % de élèves seraient en échec scolaire.
Admettons
Cela signifie donc que, dans une école de 4 classes regroupant une centaine de minots, on devrait y trouver 10 à 20 gamins en difficulté. Or, si le dirlo de cette école fait uniquement son travail de direction, et ne participe pas aux soutiens, il resterait bien 3 enseignants pour le faire.
Cela leur ferait des groupes de 3 à 7 élèves
A quoi cela servirait-il que nous fassions le soutien ? Les instits y suffisent largement
Dautant quà ces enseignants viendront sajouter bien dautres personnes : ZIL, TRB, quarts de décharge, EVS
On y rajoutera sans nul doute les membres des Rased
Furieux de se voir exclus des dispositifs de soutien, craignant pour leur avenir, ces collègues auront certainement à cur de venir nous donner un coup de main
Cest juste, car le soutien, ce nest pas notre travail
Où le dirlo ne sert à rien dans lécole publique, où il a un rôle particulier, des responsabilités particulières le distinguant des enseignants.
Si lon ne sert à rien, quon nous supprime !
Si nous avons un travail utile, quon nous fiche la paix et quon nous le laisse faire
Et comme on a tendance à croire que notre rôle est essentiel, on trouve juste et normal de prendre ces 60 heures pour la direction, et pour rien dautre.
60 HEURES DE DECHARGE PARCE QUE CEST LEGAL !!!
Ben oui, collègues, au GDID, on ne va pas se contenter de rabâcher des évidences, dautres que nous sen chargent
On ne va pas non plus proposer des actions totalement illégales, qui mettraient les collègues dans la panade ! Les retenues de salaire pour « service non-fait » , on a déjà donné
Ce décret sur les 60 heures existe et impose aux directeurs de participer au soutien ? Il suffit donc de le contourner, par un petit truc très simple, légal, inattaquable et facile à mettre en uvre : léchange de service !
A sappuyer sur des sources dignes de foi ( le fameux Kisaitou ) «
Il est possible dorganiser des échanges de service pour certaines disciplines. Ces échanges de services doivent tenir compte du rythme et du niveau des élèves dune part, de la compétence entre les maîtres dautre part.
»
Il suffit donc, à l'occasion d'une réunion du Conseil des Maîtres, de proposer à vos collègues l'échange de service suivant:
- pour les 60 heures, en tant que dirlo, vous ne faîtes que votre travail de dirlo: vous prenez donc en charge les rencontres avec les parents d'élèves, relevé des accords, l'organisation des soutiens, les bilans et comptes-rendus, le suivi général du dispositif. Les instits de votre école sont déchargés de ces tâches...
- En échange, les enseignants gèrent, à eux seuls, les groupes de soutien, étant largement assez nombreux pour le faire...
Il se peut, malheureusement que l'on tombe sur des "collègues" un tantinet égoïstes, qui refusent de prendre en compte la perte effective de votre temps de décharge et veulent à tout prix vous imposer la prise en charge de ce soutien, au même titre qu'eux... Pas de problème en ce cas, il suffit de leur expliquer que le décret met bien en avant le rôle du Conseil des Maîtres et précise le travail de chaque enseignant. S'ils le souhaitent, il est possible d'appliquer le décret au pied de la lettre (http://www.education.gouv.fr/bo/2008/25/MENE0800496C.htm) et, en ce cas, c'est chaque instit qui se tapera l'organisation, le suivi et les bilans des soutiens de ses élèves...
Ces collègues qui voudraient se la jouer au petit jeu du "Conseil des Maîtres Décisionnaire" comprendront vite ainsi ce qu'un dirlo découvre au bout de deux jours de travail: ce n'est pas la décision qui compte, mais le boulot...
Soit vos collègues acceptent donc cet échange de service, et vous avez 60 h de décharge pendant les soutiens, soit ils le refusent, et vous n'avez plus aucun boulot, et pouvez vous contenter de faire le soutien tranquillement, avec vos élèves, comme tout instit.
A nos collègues de choisir: soit ils reconnaissent notre travail et nous le laissent faire, soit il nient notre boulot, et, en ce cas, ils devront le faire...
Y a-t-il besoin de l'accord de l'IEN, de l'aval de l'IA ?
Pas du tout ! C'est un arrangement interne à l'école... Nous ne demandons rien à l'IA lorsqu'un collègue assure, en échange de service, les sciences ou les TICE... Nous n'avons rien à demander là non plus... Rien à signaler, rien à demander, légal et inattaquable !
Par contre, il serait bon que l'ensemble des syndicats qui ont tous, à des degrés divers et avec plus ou moins d'entrain, demandé que ces 60 heures soient attribuées au dirlos, soutienne cette initiative.
Ils doivent publiquement s'exprimer sur le sujet et demander à chaque enseignant d'accepter les 60 heures de décharge pour les dirlos. Nous leur écrirons en ce sens. Nos courriers seront mis en ligne prochainement sur le site du GDID, avec leurs réponses.
En cette période où les syndicats préparent les prochaines élections professionnelles, nous ne doutons pas qu'ils auront à coeur de montrer que leurs actes sont en accord avec leurs discours...
Sinon, à parler sans cesse des 15 % d'élèves en difficulté, on en oubliera trop facilement les 15 % de personnels en difficulté !
Eh oui, collègues, faites le calcul: si l'on prend l'ensemble des personnels du premier degré, que l'on divise par 100, que l'on multiplie par 15, on en arrive à 50 000 !
Très exactement le nombre de pov' dirlos que nous sommes...
Autant dire que, si l'on est d'accord pour s'occuper des 15 % de gamins en souffrance, on aimerait bien que notre ministère se penche aussi sur les 15 % de personnels en difficulté que sont les dirlos de ce doux pays... Ceci dit, on peut aussi s'occuper nous-mêmes de nos propres affaires. C'est ce à quoi le GDID invite chaque collègue...
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