GDID - Dirlo - Directrices et Directeurs Ecole
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Un billet émis à cette date lundi 12 novembre 2007

novembre 12 2007

Entrevue du GDID avec le Ministère de l'Education Nationale

Par salinator Politique

Le 12 Novembre 2007, à 10 h, une délégation du GDID a été reçu au ministère de l'Education Nationale par deux conseillers de Mr Darcos, Mrs David et Cristofari. La délégation du GDID était composée d'Alain Rei, Chantal Laffont et Thierry Fabre. Entrevue assez courte qui n'a débouché sur rien de concret mais a néanmoins permis de glaner quelques informations et divers enseignements.

Après une rapide présentation du GDID par Alain Rei, Mr David met l'accent sur la nécessité d'un positionnement autre, intégrant la supériorité hiérarchique envers nos collègues adjoints, allant vers un statut semblable à celui des chefs d'établissements du secondaire.

Chantal Laffont et Alain Rei précisent que le but de notre association est d'obtenir un statut original, distinct de celui des chefs d'établissements du secondaire. A ce titre, la notation administrative des enseignants des écoles ne nous semble ni une priorité, ni un besoin. En tout cas, cette tâche s'apparenterait plus à un travail d'IEN qu'à celui d'un directeur d'école.

Thierry Fabre précise que le GDID distingue entre l'exercice d'une autorité fonctionnelle,déjà prévue dans les textes, autorité mise en oeuvre dans les seuls domaines où notre responsabilité de dirlo est engagée (sécurité des biens personnes et locaux, par exemple) et l'aspect hiérarchique, qui se décline principalement par la notation des enseignants et ne nous apporterait rien de positif.

Les représentants du ministère conviennent d'ailleurs, dans la discussion, que la notation administrative mise en place dans le secondaire, reste de peu d'impact, étant très codifiée par des référentiels de notation. Par ailleurs, ils nous confirment que le ministère travaille actuellement sur de vastes refontes du système actuel d'évaluation des enseignants.

Dans ces conditions, nous signalons à Mrs David et Cristofari que nous ne voyons aucun intérêt à entrer dans ce système de notation, d'autant que la très grande majorité des directeurs d'école se sont clairement prononcés (cf. sondage IFOP) pour un statut non hiérarchique.

Chantal Laffont revient sur l'urgence de la création d'un corps de directeur. Pour Alain, un tel corps s'articule sur trois bases:
- l'envie, ce préalable du volontariat
- la légitimité, qui suppose une formation poussée
- la reconnaissance, qui implique autant les compétences du dirlo que la formalisation statutaire.

Thierry Fabre revient sur la très forte demande exprimée en ce sens par les différents membres de la communauté éducative:
- enseignants, bien plus demandeurs de ce statut qu'on ne le croit
- dirlos, dans leur immense majorité
- parents, tant individuellement qu'au sein de leurs fédérations
- mairies, en recherche d'interlocuteurs

Le débat s'engage alors sur les EPEP

Mr David nous confirme que les textes en ce sens sont en voie de révision:
- il pourrait y avoir des EPEP à taille plus réduite
- les regroupements maternelle et élémentaire sont envisagés
- la possibilité de s'appuyer sur les RPI existants n'est pas rejetée
- Les dirlos, pendant la pause d'expérimentation, jusqu'en 2012, serait retenus sur des postes à profil, et donc, choisis (?) par les I.A.
- Ces postes seraient sous forme de statut d'emploi,limités dans le temps, avec obligation de mobilité.
- Aucune garantie n'est donnée au directeur montant un projet d'EPEP pour que la direction de cet EPEP lui soit attribuée. Selon la formule employée par les représentants du ministère, seraient recherchés des "directeurs expérimentés n'ayant pas peur d'exercer leur autorité"...
- Plus qu'un cadre général, un maillage territorial serait mené par IA et IEN pour la création de ces EPEP

Nos représentants maintiennent auprès du ministère notre opposition, non au principe de la création d'établissements publics, mais à ce projet d'EPEP tel que le ministère l'envisage.

Thierry Fabre souligne l'absence de réponse du ministère aux demandes et attentes des directrices et directeurs d'écoles. Il précise les dizaines de milliers de postes vacants depuis plus de 10 ans, chiffres que le ministère ne conteste pas. Mr David soutient que le ministère a déjà fait de nombreux pas en avant, tant sur les décharges que sur les indemnités.

Thierry Fabre souligne que l'ensemble de ces mesures pèse de bien peu de poids face aux revendications des collègues, et que notre attente se situe bien au delà de simples mesures catégorielles: ce ne sont pas 15 euros de plus qui vont régler le problème de la direction d'école.

Pour Alain Rei, de telles demi-mesures, n'enclenchant aucun progrès en matière ne reconnaissance statutaire, de nouveau corps, ne peuvent qu'être perçues que comme des aumônes insultantes par les directeurs d'écoles.

Enfin, concernant les travaux allant prochainement débuter sur l'aménagement du temps de travail (passage du 26 à 24 heures de temps de classe), Mrs David et Cristofari rejettent la demande du GDID de pouvoir participer à ces commissions.

Nous ressortons de cette entrevue avec la certitude que le ministère compte poursuivre ses projets d'EPEP avec de légères modifications: composition du CA, taille des EPEP, etc...
Mais nous craignons clairement, compte tenu des déclarations de nos interlocuteurs ("il faut maintenir un directeur dans l'école") que ces EPEP ne soient gérés par des "enseignants-coordonateurs", retenus par fait du prince sur ces futurs postes à profil, dotés de solides attributions hiérarchiques.

Dans un ministère fonctionnant depuis longtemps à finances constantes, il y a fort à craindre que les temps de décharge et les indemnités de ces futurs directeurs d'EPEP ne soient prises sur les temps de décharge et les quelques émoluments des directeurs des écoles de l'EPEP

Au niveau, non des discours et des propos, mais de notre ressenti, nous constatons une fois de plus que notre ministère est parfaitement au fait de nos conditions de travail, de la dégradation de notre situation, mais ne s'en soucie guère.

Le GDID a mené depuis plus de deux ans un travail de réflexion, d'expertise, de débat, d'argumentation auprès de notre ministère, travail qui, visiblement ne se suffit pas à lui-même. C'est donc tout à la fois dans l'action avec nos collègues dirlos et dans la recherche d'autres interlocuteurs (Maires, députés, sénateurs) que nous pourrons avancer vers une réelle prise en compte de nos demandes...



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