GDID - Dirlo - Directrices et Directeurs Ecole
Locations estivales, Corse du Sud, Porto-Vecchio

Un billet émis à cette date dimanche 11 avril 2004

avril 11 2004

Compte rendu de la réunion de travail sur les directeurs d'école avec les députés

Par salinator Politique

Ce compte-rendu ne vise pas l’exhaustivité. Son seul objectif est d’évoquer les principaux points abordés lors de la réunion.

Représentants d’associations :Mme LAFFONT, Présidente et Porte-Parole - Mme PROSPERI - Mme CHEKLER - Mme XERRI - M. FABRE - M. PREVOST - M. CHWALCZYNSKI - M. ROUGERON
Députés présents : M. BEAULIEU - M. GEOFFROY - M. GRAND - M. KOSSOWSKI - M. LANDRAIN
Députés représentés : M. TEISSIER - M. VITEL, par sa collaboratrice Mlle Aline HUBERT
Autres participants : Lionel ROYER-PERREAUT, Directeur de Cabinet du Pdt TEISSIER - Bertrand THORETTE
Députés excusés :M. BOBE - M. BOUVARD - M. GOASGUEN - M. MARIANI

L. ROYER-PERREAUT ouvre la séance et remercie chacun de sa présence. Il rappelle les principaux enjeux de la proposition de loi d’orientation relative au statut, à la formation et à la protection juridique des enseignants exerçant des fonctions de directeur d’école. Il souligne que ces réunions ont pour but d’engager un mouvement mais qu’elles ne préjugent en rien de la suite qui pourra être donné à ces rencontres. Il souhaite que cette première réunion consacrée aux responsabilités, au recrutement et à la formation des directeurs d’école soit l’occasion d’échanges de vue féconds.

C. LAFFONT (ADE 75) remercie les parlementaires pour leur intérêt et leur présence. Elle présente la fédération DEFI ainsi que les autres représentants d’associations qui l’accompagnent (villes de Montreuil, Courbevoie, Antibes, Paris, Région Poitou-Charentes, Département du Pas-de-Calais, ainsi que l’association nationale GDID).
Elle rappelle que l’un des buts principaux de la fédération est d’œuvrer à la reconnaissance du métier de directeur passant par la définition concertée d’un statut original de la direction d’école.
S’agissant de la question des responsabilités de directeur d’école, il paraît essentiel de définir, à l’intérieur d’un statut, les domaines de compétence qui sont du ressort de la direction d’école. Ce cadre permettrait aussi de dresser la liste des responsabilités qui sont propres au directeur, et celles qui doivent être partagées (à l’image des plans particuliers de mise en sûreté face aux risques majeurs ou de l’application de la loi sur la laïcité).
Par ailleurs, la création d’un corps de directeurs affirmerait leur autorité morale par rapport aux adjoints et confirmerait leur position d’interlocuteur reconnu face aux institutions. A ce propos, un sondage effectué par la fédération DEFI auprès des directeurs d’école est particulièrement éclairant.
Par ailleurs, les directeurs d’école doivent pouvoir disposer d’une marge de manœuvre identifiable dans le partenariat avec les municipalités, bailleuses de fonds, lesquelles ont besoin d’un interlocuteur responsable.
S’agissant du recrutement des directeurs d’école, les modalités proposées sont les suivantes :
• un concours interne ouvert aux professeurs des écoles et aux instituteurs ayant de cinq à dix années d’ancienneté minimum
• le passage automatique pour les directeurs actuellement en poste du corps des professeurs des écoles au corps des directeurs avec reprise de l’ancienneté de directeur et reconstitution de la carrière.
Ce serait aussi un mode de promotion pour les professeurs des écoles et les instituteurs, sachant qu’aujourd’hui, aucune perspective d’évolution de carrière ne leur est offerte.
Enfin, s’agissant de la formation, la formation initiale dont les directeurs d’école disposent actuellement est de cinq semaines : trois semaines de formation avant la prise de fonction et deux semaines après. Les directeurs d’école ne bénéficient d’aucune formation à l’encadrement, à la gestion du personnel, aux questions juridiques… Compte tenu de la complexité des tâches de direction, les directeurs d’école estiment qu’une formation tant théorique que pratique est indispensable. De plus, une connaissance interne des différentes institutions permet une meilleure lisibilité du fonctionnement des partenaires. La formation continue spécifique est nécessaire pour une compréhension claire et sans ambiguïté de tous les textes administratifs et juridiques relatifs à l’école, le directeur étant aussi un vecteur d’informations.

L. ROYER-PERREAUT exprime le sentiment qu’ont les directeurs d’école d’être isolés et le besoin qui est le leur d’être accompagnés. Il souligne que les propositions qui sont faites par la fédération ne relèvent pas toutes de la loi, mais plutôt de décrets.

J. KOSSOWSKI s’interroge sur la composition du jury du concours interne voulu par la fédération.

C. LAFFONT (ADE 75) rappelle que jusqu’à maintenant, pour accéder au poste de directeur d’école, il faut l’avis positif du supérieur hiérarchique avant de passer devant un jury d’entretien composé d’inspecteurs et de directeurs d’école.

B. XERRI (GDID) souligne la nécessité d’une approche plus “ressources humaines” dans la composition des jurys.

C. LAFFONT (ADE 75) juge que le dossier d’admissibilité qui est exigé pourrait être plus fouillé et motivé et qu’un intervenant spécialisé pourrait effectivement être adjoint aux jurys afin de déceler chez les candidats les qualités de management.

La représentante de l’ADEPPC explique que dans le département des Deux-Sèvres, il y a eu cette année 63 acceptations sur les 64 candidatures de directeurs d’école. Elle rappelle que la fédération travaille sur un principe de sélection reposant sur l’appréciation de diverses compétences (juridiques, humaines…) et non pas seulement sur un seul entretien de vingt minutes.

G. GEOFFROY souligne la nécessité de garder présent à l’esprit la nature du lien juridique qui lie l’école à la commune. Si l’idée d’une reconnaissance et d’une identification (surtout en interne) des directeurs d’école est importante, il conseille de ne pas parler de concours interne mais, de façon plus générale, de concours avec l’ensemble des critères d’appréciation nécessaires.
Il exprime son embarras dû à l’ambition affichée du projet et la réduction de certains de ses aspects. Selon lui, l’essence d’un chef d’établissement est l’autorité qu’il doit exercer sur l’ensemble du personnel éducatif.
Enfin, l’hypothèse à terme d’une décharge totale d’enseignement pour les directeurs d’école lui paraît contradictoire et pernicieuse, soulignant la nécessité pour un directeur d’école de continuer à enseigner pour asseoir son autorité pédagogique sur ses collègues. Il rappelle qu’un directeur d’école doit demeurer à la fois le chef et le premier accompagnant pédagogique, et ne pas se résumer à un simple responsable administratif.
Il conclut en rappelant qu’il ne faudrait pas que les représentants des directeurs d’école handicapent leur louable projet en lui donnant une enveloppe exagérée.

C. LAFFONT (ADE 75) réagit sur la question d’une décharge complète en rappelant le cas particulier de Paris puisque les directeurs d’école parisiens sont déchargés à partir de cinq classes. Mais il leur reste suffisamment de travail pour ne pas s’ennuyer, d’autant plus qu’un certain nombre de services de proximité (cantines) doivent être gérés par les directeurs d’école parisiens.

R. PROSPERI (GDID) confirme l’étendue de la charge de travail des directeurs d’école.

J. PREVOST (ADEPC) confirme en évoquant son cas personnel : 16 classes à diriger, pour un total de 380 élèves, et un seul directeur pour assumer toutes les fonctions de gestion et d’administration.

J-P. GRAND rappelle que chaque député est, lorsqu’il est maire, confronté à l’ensemble de ces questions. Il interroge les directeurs d’école en leur demandant jusqu’où ils sont prêts à aller dans l’exercice de leur autorité. Il rappelle qu’en tant que maire il a institué un vrai partenariat avec le directeur d’école de sa commune, qui est son premier interlocuteur. Le personnel éducatif est ainsi sous l’autorité, d’abord, du directeur d’école, puis du chef de service de la mairie.

La représentante de l’ADEPPC souligne que de telles délégations existent déjà formellement mais sont peu appliquées.

J-P. GRAND insiste sur la nécessité d’un statut protégeant les directeurs d’école qui sont en première ligne. Il renouvelle sa question afin de savoir jusqu’où les directeurs d’école estiment possible d’aller afin d’asseoir et de codifier leur autorité.
Enfin, sur la question des décharges, il note qu’en tant que maire, il perçoit nettement la différence entre un directeur d’école déchargé qui règle les problèmes, et un directeur d’école qui ne l’est pas et qui transmet les difficultés au maire.

T. FABRE (GDID) rappelle que la fluidité de certains textes met en difficulté les directeurs d’école en leur déléguant certaines responsabilités. Il note que si l’on veut charger le directeur d’école de la notation administrative, il faut savoir que le directeur d’école prend alors la place des IEN (inspecteurs), ce que nous ne souhaitons pas.

R. PROSPERI (GDID) souligne que, même avec des enseignants déchargés, le lien relationnel et pédagogique perdure. Le directeur d’école ne peut pas être coupé du reste des enseignants comme dans l’enseignement secondaire.
S’agissant de la question de l’autorité, elle rappelle que la fédération met en avant l’autorité morale. Un véritable statut devrait être suffisant pour asseoir l’autorité du directeur d’école sur ses autres collègues.

J. CHEKLER (ADDM) affirme que le directeur d’école est là pour impulser des projets pédagogiques. Le statut permettrait, non pas de noter, mais d’avoir l’autorité morale pour alerter sur les difficultés flagrantes.

G. GEOFFROY demande aux directeurs d’école pourquoi ils refusent la notation en rappelant qu’ils sont tout de même mieux placés que les inspecteurs pour, par exemple, savoir qui arrive systématiquement en retard dans sa classe.

La représentante de l’ADEPPC évoque la culture spécifique et les héritages qui dominent encore dans le milieu scolaire. Elle propose que, dans une équipe éducative, il n’y ait, non pas un supérieur hiérarchique, mais un directeur avec un statut. Elle s’interroge sur le fait de savoir si cela est vraiment le souhait de tous les directeurs d’école de se voir attribuer la notion de chef d’établissement.

T. FABRE (GDID) rappelle que les textes font déjà des directeurs d’école, sur les questions de sécurité, des supérieurs hiérarchiques. C’est pourquoi il conviendrait de mettre en avant les besoins réels des directeurs d’école (sur ces questions de sécurité, par exemple). Les questions liées au retard ou à l’absentéisme ne sont pas, selon lui, de réels problèmes.
La représentante de l’ADEPPC fait remarquer que ce point crucial est l’objet d’un vrai débat au sein des associations de directeurs d’école.

G. GEOFFROY demande s’il est envisageable qu’une direction d’école se mette en place pour un groupe primaire incluant les écoles maternelles et élémentaires. Il souligne l’aspect crucial que constitue à ce titre le cycle 2 à cheval sur les deux cycles.

T. FABRE (GDID) répond par l’affirmative à la condition que l’on reste dans le cadre proposé par le rapport Thélot et que la spécificité de l’école maternelle soit maintenue.

P. ROUGERON (AADDEP) estime qu’il n’est pas vraiment possible d’être en même temps un bon instituteur et un bon directeur d’école.

A. CHWALCZYNSKI (SOS-Directeurs) rappelle que nombre de directeurs d’école dépassent leur quota de travail avec tous les empiètements sur la santé et sur la vie de famille que cela implique.

J-C. BEAULIEU note que cette réunion répond manifestement à de fortes attentes et se réjouit que de telles questions puissent être ainsi abordées. Il y a manifestement une nécessité de définir un statut de directeur d’école qui reconnaisse leur double mission pédagogique et administrative.
Il juge opportun de rappeler la nécessité de garder contact avec ce qui a motivé l’engagement de chacun, en l’occurrence l’enseignement pour les directeurs d’école. C’est pourquoi, selon lui, il convient de garder la fonction pédagogique des directeurs d’école. Il souligne qu’il relève de la responsabilité des directeurs d’école de faire profiter leurs collègues de leur expérience.
S’agissant de la formation et de l’information, il note qu’elle est apparemment très déficiente, voire inexistante à l’heure actuelle. Or la responsabilité de directeur d’école implique d’avoir une information claire sur les décrets à appliquer. Il est donc nécessaire d’assurer aux directeurs d’école une formation continue et actualisée.
Enfin, il souligne le rôle essentiel que jouent les écoles et les directeurs d’école dans l’aménagement du territoire puisque les familles ne s’implantent dans une commune qu’à la condition d’être sûres de pouvoir scolariser leurs enfants. C’est pourquoi il revient aux parlementaires d’accompagner les directeurs d’école dans leur démarche.

E. LANDRAIN intervient pour rappeler que la notion de personne référente dans les écoles est essentielle. Il se dit convaincu de la nécessité de créer un corps particulier des directeurs d’école, avec des obligations et des contreparties (notamment pécuniaires). L’esprit de mission, le dévouement et la bonne volonté ne peuvent en effet suffire. Aussi, il conviendrait d’envisager un corps structuré des directeurs d’école, avec un concours ouvert sur l’extérieur. Cette ouverture sur l’extérieure est importante car il peut exister des vocations pour la direction d’école. D’ailleurs, il y a quelques années, des postes de proviseurs avaient été avec succès ouverts à d’anciens militaires.

P. ROUGERON (AADDEP) rappelle toutefois la spécificité des proviseurs de collèges et lycées, qui sont plus des administratifs que des pédagogues.

L. ROYER-PERREAUT aborde le problème de la culture qui prévaut dans le milieu éducatif. Si les représentants réunis autour de cette table se sont fédérés dans une association asyndicale et apolitique, il existe aussi des syndicats pour qui les propos tenus ici ne sont pas forcément aussi évidents.
Il rappelle qu’une évolution des textes ne peut être faite que de façon progressive et non précipitée. Il craint par ailleurs que, sur la question du recrutement, une sélection au bout de cinq à dix années d’ancienneté aille à l’encontre des objectifs recherchés étant donné la crise des vocations qui prévaut depuis plusieurs années.

T. FABRE (GDID) rappelle que la réduction artificielle du niveau d’ancienneté exigé a abouti à une situation aberrante dans laquelle certaines écoles sont dirigées par des directeurs sortant d’IUFM, et affectés qui plus est dans des lieux difficiles.

B. XERRI (GDID) note que, vis-à-vis des syndicats, les directeurs d’école ont le sentiment de ne pas exister. Elle juge que le personnel éducatif accorde déjà aux directeurs d’école une autorité morale qu’il convient de concrétiser.

J. KOSSOWSKI déplore le fait que beaucoup de directeurs d’école jettent l’éponge. Cette crise est comparable selon lui à celle des maires des petites communes, confrontés eux aussi à d’importantes responsabilités avec de faibles rémunérations.
Il juge qu’il n’est pas réaliste de tout demander en même temps. Peut-être quelques avancées pourraient-elles êtres faites, dans un premier temps, en matière de formation.

P. ROUGERON (AADDEP) considère que la revalorisation financière devrait intervenir en premier.

T. FABRE (GDID)
appuie cette remarque en rappelant que dans le sondage effectué par la fédération, la formation vient en dernier dans les attentes exprimées par les directeurs d’école.

L. ROYER-PERREAUT lève la séance en remerciant chaleureusement les participants de leur présence et de leur contribution. Il donne rendez-vous le 24 novembre de 10h à 11h afin d’aborder les questions liées au régime de décharge et à la rémunération, et le 15 décembre de 10h à 11h pour les questions liées au statut des écoles.



Aucun commentaire  Aucun rétrolien



Calendrier

» Mai 2012

lun mar mer jeu ven sam dim
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
Blogs ©
  Accueil  • Plan du site  • Recherche  • Contactez nous


[ Page générée en 0.1141 sec ] [ Vitesse PHP: 18% - SQL: 82% ] [ Requêtes SQL: 92 ] [ 150 pages vues la dernière heure ]
 Top Max Cache Off Copyright Mentions légales PHP Maximus CMS