décembre 11 2006
Le GDID 94 répond au SNUipp de ce même département
Que dit le SNUipp 94 : Attention à la surenchère, cela concerne tous les collègues de toutes les école. Construisons l'unité pour obtenir enfin des avancées réelles ! Le protocole Direction d'école lancé l'an dernier par le Ministère a été l'occasion d'ouvrir une brèche dans le front syndical (SNUIPP, SGEN, SE-UNSA), sans répondre sur le fond des questions soulevées, en évitant de poser la question cruciale des moyens et en introduisant de nouvelles dérives (contrats ultra précaires, formation initiale laissée au "terrain"...).
Aujourd'hui, nouvelle étape : le ministère ouvre une table ronde sur la seule question d'un statut tout en affirmant d'entrée ne rien engager en terme de moyens supplémentaires (lire rien sur les décharges attendues).
De plus il tente de se créer une nouvelle marge de manuvre toujours sur le terrain de la division en ouvrant les discussions à une organisation non représentative et qui jusque là affirmait son souhait d'en rester à contribuer au débat : le GDID. Cette pratique apparaît comme un soutien à la création d'un syndicalisme corporatiste en direction de la direction d'école, et éclaire donc la réalité de la volonté ministérielle.
Comme en témoigne le dernier courriel du GDID qui se permet de rédiger lui-même de "futurs statuts" qui ont bien du mal à masquer le caractère hiérarchique de leur contenu, il s'agit bien de répondre par un statut spécifique, et donc d'introduire de fait une nouvelle rupture entre les personnels comme dans le fonctionnement de l'école.
Les attendus de la Réforme de l'État lancée voici plus de 10 ans et de la loi de décentralisation sont donc bien en train d'être mis en oeuvre : la création d'une hiérarchie intermédiaire plus proche du terrain, la création d'EPEP ... Ne reste plus que la mise en concurrence à partir d'une disparition proclamée de la carte scolaire (Sarkosy, Royale ...) et le service public aura terminé sa dernière mutation avant d'être privatisable par le biais de l'ouverture de ses financements ... Voir la triste expérience de l'Angleterre.
Après avoir durant des années laissé se dégrader la situation en refusant de répondre aux attentes, après avoir tout fait pour surcharger les directions d'école de missions diverses et de tâches nouvelles souvent superflues, la boucle se boucle. Les masques tombent ! On passe aux tâches pratiques : statut contre miettes pécuniaires (c'est le niveau promis du marchandage), incitation au corporatisme contre "valorisation" individuelle. Pas un mot sur les conseils des maîtres ravalés au rang de mauvais rêve, pourquoi pas de soviets !
Depuis 1906, nos collègues ont lutté tous ensemble pour résister à leur caporalisation et obtenir la reconnaissance du rôle du Conseil des Maîtres. C'est cette unité qui a permis de tenir et d'obtenir des avancées. Serons-nous la génération qui laissera se faire non seulement un retour en arrière, mais une avancée décisive vers la remise en cause d'une école pour tous, généreuse et fière de son hétérogénéïté ?
Serons-nous capable de ne pas céder aux sirènes de la fatalité de la baisse des moyens, pour ne pas accepter celles des mesures de récession?
Oui, la situation du fonctionnement actuel des écoles est très difficile. Oui il y a une spécificité des tâches et responsabilités affectées aux directions d'école qui nécessite une réponse modernisée.
Mais oui aussi toute l'Ecole a besoin de moyens nouveaux pour relever le défi qui lui est posé de la réussite de tous. Oui aussi, il faudra revoir ses fonctionnements mais surtout ses moyens.
Mais non, ce n'est pas dans la fuite en avant dans plus de libéralisme que résident les solutions aux dépends des solidarités, du partage et de la réflexion collective.
Notre profession a un défi majeur à relever, celui de puiser dans son expérience le meilleur de ce qui fait avancer l'école : le respect de tous et la partage des décisions.
Ne cédons pas aux sirènes de la division, à tous ceux qui veulent en fait se construire des pré-carrés sans avenir pour tous, comme autant d'illusions de solutions individuelles. Il n'y a d'avenir dans ce domaine comme dans les autres que dans le rassemblement, le débat et l'engagement solidaire dans l'action.
Nous pouvons relever ce défi, c'est pourquoi le SNUipp 94 concourt à la construction d'une démarche unitaire à laquelle il invite chacun à se joindre pour qu'émergent des solutions nouvelles, réellement riches pour l'école, ses élèves, ses personnels. La direction d'école ne doit pas être pensée hors du reste de l'avenir de l'école. Y toucher isolément serait se jeter dans la gueule déjà largement ouverte du loup. Ces discussions ministérielles sont un leurre, une manuvre pour diviser. En témoigne déjà les déclarations diverses des participants qui toutes tentent de jeter l'opprobre sur les autres.
Il n'y a là rien à gagner qui ne saurait creuser les divisions, pour mieux ouvrir autant d'espaces aux tenants d'une école publique asservie à l'argent, à la concurrence. Agissons ensemble, refusons tout ce qui nous divise, cherchons ce qui nous unis, nous rassemble, nous rend plus fort...
Réponse du G.D.I.D. 94
Attention à la surenchère, cela concerne tous les dirlos de toutes les écoles
Construisons l'unité des directrices et directeurs d'école pour obtenir enfin des avancées réelles !
Le SNUipp 94 perd son sang-froid...
Que de moins en moins de collègues se retrouvent dans son discours et ses actions est chose possible. De là à se laisser aller à dire n'importe quoi, il y a de la marge...
Le tout dans un texte bien agressif, qui mélange dans un curieux salmigondis le caporalisme, les soviets, 1906, la décentralisation, les EPEP, Royale et Sarkosy, etc.... N'y manque plus qu'un raton-laveur et une fourmi de dix-huit mètres...
Pour tacher, point par point, de démêler ce fatras....
"...une organisation..., le GDID..."
On peut faire plus simple. Le GDID est une association qui regroupe des directrices et directeurs d'école, ce qui n'est pas un crime...
"... une organisation non représentative..."
Tout dépend... Si l'on parle de la représentativité élective, c'est exact. Le GDID n'est pas un syndicat et ne compte pas le devenir. Par contre, si on estime la représentativité des idées, des propositions, il semble que notre petite démarche est assez bien partagée par nos collègues.
"... Le GDID affirmait vouloir ne rester au débat..."
C'est faux. Depuis nos débuts, nous n'avons jamais caché notre volonté de faire fonctionner notre association sur l'entraide et le soutien des collègues, la réflexion sur l'évolution de notre métier, mais aussi, et surtout, l'action pour faire avancer un tantinet le quotidien des dirlos.
"... un statut spécifique introduirait une rupture entre les personnels..."
On ne doit pas travailler dans les mêmes écoles... Nous, dans nos écoles, on travaille avec des instits et des profs d'école, à statuts différents, sans qu'il y ait deux salles des maîtres pour autant.
On travaille avec des ATSEM, qui ont un statut, des psychologues scolaires, qui vont en avoir un, des EVS et AVS, pour qui le SNUipp réclame un statut, sans que cela pose problème...
Il y a différence, cela n'induit pas rupture !
Il se peut que cette différence entre notre travail et celui de nos collègues adjoints fasse peur au SNUipp 94. C'est pourtant ainsi que fonctionne au quotidien l'Ecole Publique
"...caractère hiérarchique de notre statut"
C'est un mensonge...
On pourrait, par charité laïque, postuler sur une erreur. Mais lorsque l'on occupe des postes électifs, des responsabilités syndicales, il est rare que l'on dise des bêtises aussi énormes autrement que par choix
Pas d'erreur donc, mais un bon gros mensonge, qui relève plus d'un acte de propagande que d'une volonté de débattre...
Problème pour le SNUipp 94, qu'ils soient adjoints ou directeurs, nos collègues savent lire !
Nos propositions sont publiques, ce projet de statut est écrit, disponible. Chaque collègue peut donc vérifier par lui-même et se faire son idée, sans qu'il soit besoin de brandir les épouvantails racornis du caporalisme et les croquemitaines de la division...
Car, en réalité, qui divise ?
Ceux qui, comme nous, mènent un combat pour la reconnaissance de leur métier ?
Ou ceux qui ne voient dans les dirlos que des ennemis potentiels, suspects par nature, puisqu'ils sont directrices et directeurs d'école ?
Ceux qui, comme nous, demandent une clarification de notre rôle dans l'école, une définition précise et limitative de nos responsabilités ?
Ou ceux qui veulent nous ravaler au rang de factotums d'un Conseil des Maîtres décisionnaire, dans lequel les bons (adjoints) partageraient les décisions et le méchant (dirlo) se partagerait tout le travail avec lui-même ?
Ceux qui, comme nous, estiment que la direction d'école est devenue un vrai métier, qui demande une formation, une expérience, un salaire et des moyens ?
Ou ceux qui ne souhaitent que nous attribuer les miettes lointaines d'une hypothétique refonte de la totalité de l'école publique, quand les (sur)lendemains chanteront ?
Ceux qui, comme nous, pensent qu'un statut de la direction d'école serait le moyen le plus efficace pour obtenir les temps, les moyens, le salaire que nous réclamons ?
Ou ceux qui se refusent d'entendre nos demandes, nient toutes nos revendications et veulent à toute force nous imposer "leur" vision de la direction d'école, une vision toute idéologique sacrément déconnectée du réel ?
On continuera donc notre petit bonhomme de chemin, malgré l'agressivité et les mensonges, on gardera notre liberté de ton, d'analyse et de critique, on tentera, à notre petit niveau de faire avancer les choses.
On aurait aimé le faire avec le SNUipp 94, dans l'échange d'arguments, la confrontation d'idées, dans un combat commun contre le protocole et les menaces de sanction.
Mais, si ce n'est pas possible, on le fera tous seuls, avec les milliers de directrices et directeurs d'école qui partagent nos idées...
Le GDID 94
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