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Un billet émis à cette date vendredi 10 décembre 2010

décembre 10 2010

Alain Rei président du GDID interrogé par un journaliste de l'Est Républicain

Par salinator Médias

Pour que le système soit performant, ce sont les pratiques enseignantes qui doivent changer plutôt que les programmes

Vous présidez le GDID, comment réagissez-vous aux résultats du rapport Pisa 2009?
Il va dans la même direction que les trois analyses sorties depuis 10 ans, les rapports Montaigne, Reiss et Attali disent à peu près la même chose. Les résultats sont moyens. Peut être n’y a t-il pas suffisamment de dysfonctionnements pour qu’on les prenne enfin au sérieux. Il y a un déficit de pilotage dans les écoles du 1er degré. Or le rapport nous montre que les systèmes performants ont des pilotages performants assortis de formations en cohérence avec ces objectifs.

Le rapport révèle que le milieu socio-économique est très impactant. Pourquoi l’école n’arrive pas à réduire ces inégalités? 
La loi d’orientation sur l’Ecole de 1989 nous a donné un texte fondateur sur la notion de «projet d’école». Mais pas de pouvoir pour les directeurs, si ce n’est leur capacité à convaincre les enseignants… L’école est un outil paradoxal de reproduction sociale qui devrait pouvoir réduire les inégalités. Mais le système est basé sur le fonctionnement des enseignants. 

C’est-à-dire? 
On privilégie la sélection par rapport à l’évaluation. Les évaluations nationales réalisées en CE1 et CM2, qu’est-ce qu’on en fait? On s’en sert pour faire de la sélection plutôt que d’adapter les dispositifs pour les élèves en difficulté de manière transversale et non pas classe par classe. Et ça, c’est le boulot d’un directeur d’école. Ce sont les pratiques enseignantes qui doivent changer plutôt que les programmes. Aujourd’hui les inspecteurs ont le pouvoir et les dirigeants n’en ont pas. 
 
Quels changements attendez-vous? 
J’espère que notre ministre osera prendre des décisions. 
Des choix faits dans la raison et non pas l’économie. L’économie à court terme cela ne paye pas dans l’éducation. Il faut qu’on ait une réflexion globale sur comment on fait fonctionner nos écoles et quels sont les niveaux de compétence à atteindre pour cela. 

Propos recueillis par Stéphanie SCHMITT
Est Républicain  8 décembre 2010 



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