septembre 03 2011
«Mon école, cette petite entreprise» extrait d'un article du journal en ligne Médiapart
Alain REI, notre président, y est interviewé
Dans son rapport de novembre 2008 sur la direction d'école, le député Frédéric Reiss dresse le portrait d'une école en panne du fait d'une direction mise à mal. Pour lui, « la volonté de bien faire est bridée par l'absence de statut » du directeur. En effet, celui-ci ne représente pas l'Etat à la différence des chefs d'établissement. Il n'a aucun pouvoir hiérarchique sur les enseignants, donc peine à insuffler une dynamique et à coordonner. Et outre qu'il ne dispose d'aucune autonomie financière, il dépend à la fois de l'inspection académique et de la mairie, dont les objectifs ne sont pas toujours compatibles.
Alain Rei, président d'un collectif de directeurs, le Groupement de défense des idées des directeurs (GDID), milite pour un traitement identique entre directeurs et chefs d'établissement : « Un statut, c'est un package avec de nouvelles modalités de recrutement, de formation, des perspectives de carrière, du temps, des indemnités attrayantes... Aujourd'hui, c'est 150 euros par mois en moyenne. » Il s'élève contre le « mépris du gouvernement ». Mais « l'absence de volonté politique » n'explique pas tout : « Si les directeurs n'obtiennent rien, c'est parce qu'ils aiment ce qu'ils font malgré tout. Alors même si c'est dans de mauvaises conditions, ils le font quand même, dans l'intérêt des enfants. D'une certaine manière, leur conscience professionnelle pénalise la lutte. »
Ghislaine Bissonnier luttera pour de l'aide, du temps et de la reconnaissance mais certainement pas pour un statut. « Je ne veux pas devenir une super-directrice, être le bras armé de l'inspecteur d'académie, ni avoir un pouvoir hiérarchique sur mes collègues. » Elle tient à rester dans l'équipe et à ne pas s'éloigner des élèves.
La fonction de directeur ne séduit plus depuis de nombreuses années. Des jeunes enseignants sans expérience se risquent encore sur ces places dont plus personne ne veut, y voyant le plus sûr moyen de décrocher un poste dans leur académie. Mais la pénurie est telle qu'à chaque rentrée, « l'inspecteur procède à des réquisitions », témoigne Ghislaine Bissonnier. Et si personne ne se dévoue, « un enseignant de l'école est désigné ». Elle n'est qu'à cinq ans de la retraite et songe à raccrocher, redevenir une simple enseignante, changer d'école, renoncer à sa « stabilité ». « Le plus dur sera de faire le deuil de ma mission. »
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