décembre 01 2006
Ministère Consultation - second groupe de travail : compte-rendu
Ce jeudi 30 novembre 2006 se tenait la première réunion du groupe de travail consacré à la direction d'école. Thierry FABRE, secrétaire du GDID y participait en tant que directeur d'école. Y étaient aussi invités: - des syndicats enseignants (absence du SNUipp, du SGEN-CFDT, du SNUDI-FO) - des syndicats d'IEN - un IEN et un IA; le tout sous la présidence de Mr Duwoye, directeur général de la DGSRH (Ressources Humaines - Ministère de l'Education Nationale).
Réunion qui commençait en force sur des questions très éloignées de la direction d'école...
En effet, le SNE, dans une déclaration liminaire s'en prenait violemment au SE-UNSA. Mr DUWOYE regrettait cette intervention déplacée, et invitait le SNE à régler ce genre de questions dans le couloir, et non au sein du groupe de travail.
Il précisait alors le fonctionnement de ce groupe de travail, indiquait qu'une première étape serait de confronter les analyses sur la direction d'école, ses contraintes et ses perspectives, afin ultérieurement de formuler ceci dans un document écrit. Il invitait alors chacun à s'exprimer sur cette question.
Pour le SE-UNSA, la direction d'école recouvre des réalités très différentes selon le type d'écoles. Ce syndicat se prononce pour un maintien dans le cadre d'une fonction et contre un statut qui serait hiérarchique. Enfin, il évoque le cadre budgétaire limité qui bloque tout espoir de changement sérieux.
Pour le GDID, Thierry Fabre, insiste sur le malaise persistant de nos collègues, sur le fait que la direction d'école est devenue au fil des ans un véritable métier, métier que nous exerçons sans la moindre reconnaissance ni perspective d'évolution de carrière. La majorité des directeurs d'école souhaite nettement un statut par la création d'un nouveau corps. Intervention appuyée par l'I.A. de la Manche.
Pour le SIEN (syndicat d'IEN), l'efficacité pédagogique doit être l'un des paramètres de recherche. Les IEN ont un besoin indispensable de directeurs disponibles et bien formés.
Le syndicat SUD s'interroge et sur ce groupe de travail où ne siègent pas la majorité des syndicats, et sur les objectifs d'un tel groupe. Pour SUD, la problématique principale est celle de l'équipe pédagogique, la direction d'école pouvant se décliner selon diverses possibilités de fonctionnement.
Un IEN signale la fuite de certains directeurs vers des concours de personnels de direction du secondaire. Pour lui, le directeur reste un élément central de l'école. Toutefois, à ses yeux, la charge de travail est très différente entre une école de 2 classes et un groupe scolaire de 10 à 15 classes.
Mr DUWOYE signale que les marges budgétaires relèvent d'un nouvel exercice et qu'il n'y a pas de logique de revalorisation a priori. Toutefois, rien n'est bloqué en la matière.
Thierry Fabre revient sur les différences de charge de travail entre "petites" et "grosses" écoles. La différence de charge de travail ne parait pas essentielle en regard du fait que les responsabilités sont identiques, surtout dans les domaines liés à la sécurité des biens, personnes et locaux, du PPMS à l'autorisation de sortie... La question d'un statut se pose donc pour tout dirlo.
Face aux demandes à notre égard, aux attentes institutionnelles, mais aussi provenant des mairies, des parents, des élèves et ... de nos collègues adjoints, la situation actuelle de l'instit-chargé-de-la-direction ne constitue plus une réponse plausible. Dans notre fonction, nous ne sommes plus le "primus inter pares", mais le "minus inter pares"
SUD insiste sur l'importance de l'équipe pédagogique. Pour Thierry Fabre, le garant d'un bon fonctionnement de l'équipe pédagogique ne peut être qu'un directeur d'école reconnu, identifié comme tel, doté d'un statut clarifiant son rôle et ses tâches au sein de l'école.
Le SE-UNSA maintient son approche d'un directeur avant tout enseignant, ne se retrouvant pas coupé de l'équipe pédagogique. Position que partage SUD, en signalant que les tâches administratives peuvent être partagées et que le directeur doit rester sur le plan pédagogique et ne pas devenir chef d'établissement. SUD illustre son propos par la situation particulière des directeurs d'école de Paris, tous déchargés et dont les écoles n'ont pas pour autant de meilleurs résultats.
Pour Thierry Fabre, s'il est une chose à retenir de la situation parisienne, c'est bien qu'il s'agit du seul département... où aucune direction n'est vacante. Il relève les absurdités entre un discours anti-hiérarchique et une réalité qui l'est bien moins (autorisations de sortie, notation des ATSEM). Il y a une marge entre "l'angélisme de la fonction et le spectre hideux du statut"...
Le SE-UNSA, s'appuyant sur le rapport de la DESCO, décline dans le statut une mauvaise réponse, entraînant une reconnaissance factice.. Il faut pour lui redéfinir et préciser le décret de 1989, en restant dans le cadre de la fonction.
L'IEN du Val-de-Marne signale que les IEN sont eux aussi en situation de surcharge de travail et qu'ils pourraient partager certaines responsabilités avec les directeurs d'école. Si ceux-ci exercent déjà des tâches de chefs d'établissement, autant les reconnaître !
Mr DUWOYE conclut ces premiers échanges en disant que pour lui, il n'y a pas d'actualité de créer un nouveau corps, peu d'espace pour le faire et que cela risquerait de couper l'école en deux.
Il propose de définir plus clairement les fonctions dans le cadre d'un "statut d'emploi" dans certains cas, d'un maintien dans la fonction pour le reste...
Ce "statut d'emploi" serait corrélé à la dimension de l'école, à la mise en place expérimentale d'EPEP (établissements publics des écoles), aux autres réseaux (RPI, RRE), aux écoles "Ambition-Réussite". Pour lui, il serait illusoire de penser que 50 000 directeurs pourraient tous intégrer un nouveau corps.
Le SNE revient sur les projets Darcos de réseaux regroupant 8 à 30 classes.
Mr DUWOYE, en réponse aux demandes de précision de Thierry Fabre, indique que ce "statut d'emploi" est un stade intermédiaire entre fonction et statut, avec un recrutement sur postes à profil, sur une période donnée, éventuellement renouvelable, à mobilité imposée...
Mr Fabre signale que cela ne répond en rien à nos demandes de clarification de notre rôle, de reconnaissance de notre métier et à l'absence de perspectives d'évolution de carrière.
Mr DUWOYE indique que cette direction des débats est retenue et que les prochaines réunions s'attacheront à redéfinir et préciser le décret de 89 d'une part et , d'autre part, à mettre en oeuvre un projet de "statut d'emploi".
La prochaine réunion de ce groupe de travail est fixée au jeudi 18 Janvier, à 14h 30.
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